«Le but de la philo n'est-il pas d'oser penser des objets rétifs à la typologie classique du travail intellectuel ?» La phrase, lancée par l'universitaire belge Marie-Aude Baronian, servait d'introduction à la journée «Mode et philosophie», cycle de conférences organisé ce week-end, dans le cadre de la Semaine de la pop philosophie, à la Vieille Charité et au MaMo de Marseille.
Dire que la pensée a non seulement le droit, mais le devoir, de s’occuper de choses qui, a priori, ne la concernent pas n’est pas anodin. Le défi synthétise, en plus de l’esprit de l’événement marseillais, une ouverture du champ théorique, une nécessité de se confronter à des sujets «impurs», parce qu’insérés dans une logique mercantile (au passage, comme si le cinéma ou l’art contemporain échappaient à ce système). Sujet du jour : la mode veut-elle dire quelque chose ?
Evidemment, oui, comme à peu près tout. Mais comment trouver une articulation qui permettrait d'en dégager son fonctionnement ou sa signification ? C'est à ce défi que s'est collé l'organisateur Jacques Serrano. «L'objet "mode" est constitué intrinsèquement de questionnements philosophiques», a estimé Marie-Aude Baronian, tordant le cou à l'idée, assez glam et très répandue, du copier-coller de concepts sur les fringues.
Biotope. Penser la mode, c'est se retrouver face à un




