Des dizaines de robes, d'objets, de chapeaux, d'ombrelles, de bijoux de deuil, sous le joli titre cinéphile de «La mort vous va si bien: un siècle de vêtements de deuil». L'exposition consacrée à la relation entre mode et mort, en particulier au XIXe et au début du XXe siècle, la première de l'Institut du costume du Metropolitan Museum de New York, explore l'évolution esthétique et les implications culturelles des modes durant le deuil en une trentaine d'ensembles, pour la plupart exposés pour la première fois.
On y voit les costumes de la célèbre veuve et reine d’Angleterre Victoria, qui a porté le deuil de son cher Albert pendant quarante ans, de sa non moins célèbre belle-fille danoise Alexandra qui épousa son fils Bertie, mort en 1892. L’exposition présente majoritairement des robes parce que ce sont principalement les femmes -européennes et américaines, ces dernières largement influencées par la maison royale d’Angleterre qui fixe les règles en la matière - qui portent le deuil, montrant dans leurs tenues le reflet de la douleur collective de la famille ainsi que leur statut social, la situation économique et leur niveau de respectabilité.
Denis Bruna, professeur d’histoire de la mode à l’Ecole du Louvre et conservateur




