L'an dernier, on avait vu déferler une vague, définie par la profession comme «érotico-glam», qu'on pouvait aussi taxer de vaguement SM pour plan cucul du samedi soir, masques et menottes à l'appui, corset et slip en forme de cage. Eh oui. Cette année revient vers du déjà-vu, les inusables années 80 qui n'ont pas fini de nous faire marrer, avec épaulettes, aérobic et brushing à la Sue Ellen (sans les cuites, c'est pas sain). Les nineties aussi, plus minimalistes et glamour, sont dans la tendance, pour faire une mode à double tête et orientation ambiguë : sexy ostentatoire ou sexy low profile ? Quelques pistes pour avoir la culotte en vogue cette année, avec Cécile Vivier-Guerin, directrice marketing chez Eurovet, société organisatrice du Salon international de la lingerie, de samedi à lundi à Paris.
On parle d’un retour des années 80 dans les dessous ?
Oui, il y a un net retour de l'ostentatoire des années 80, avec une lingerie ultra-sophistiquée, glamour, où la matière est omniprésente. Un côté too much, pourrait-on dire. Broderie, soie, dentelle, ce sont de belles matières pour des collections très travaillées et des finitions délicates, avec des détails bijoux, fils de lurex ou d'or.
Vous parlez aussi de minimalisme ce qui n’est guère compatible avec les eighties?
Là, c'est l'autre tendance, celle qui penche plutôt vers les années 90. C'est le retour du low profile, de la sobriété, du «luxe de l'humilité», comme on le voit avec le courant «normcore» dans tous les domaines : personnel, déco, mode, cosmétique… Et la lingerie ! On épure : le «clean cut», c'est-à-dire le sans couture, est partout. On revisite les grands classiques, on sélectionne des matières basiques comme le coton ou le jersey. Mais les coupes sont toujours très travaillées, car l'objectif est toujours de sublimer la silhouette.

Le minimalisme, façon nineties. Photo Madame aime
Deux tendances assez opposées…
Face à la crise et à l'appauvrissement économique de ces dernières années, la société, et la mode en particulier, font face à une consommation hybride qu'on pourrait définir ainsi : «Exception versus quotidien» et «fast fashion versus luxe». Nous sommes aujourd'hui face à un consommateur de plus en plus averti, qui prône la valorisation de l'excellence, la culture du savoir-faire. Et qui sait mixer des produits d'exception et d'autres plus basiques. La lingerie n'échappe pas à ce phénomène, d'où l'émergence de ces deux tendances en totale opposition.
Quelles sont les pièces de lingerie qui se démarquent du reste, cette année ?
On voit de plus en plus de soutiens-gorge bustiers, une sorte de «tee-shirt bra», comme disent les Anglais, qui est conçu et travaillé pour être vu et jouer la carte du dessus-dessous. Un autre fait marquant : les créateurs de lingerie ne s'arrêtent plus au simple ensemble de corseterie (soutien-gorge – culotte). Aujourd'hui, ils créent un véritable vestiaire-lingerie ou l'on va trouver des pièces hybrides : caraco, body, nuisette, pièce de loungewear que l'on peut mixer avec sa lingerie et le prêt-à-porter. On assiste à la naissance de nouveaux codes vestimentaires.
Salon international de la lingerie, de samedi à lundi, Porte de Versailles, Paris.




