Chez Hermès, samedi soir à la Maison de la Radio, l’un après l’autre, deux garçons en classiques costumes gris arrivaient délicatement sur le podium. Le premier portait une écharpe parme, le second une étoffe bleu céladon, et les coloris semblaient modifier les silhouettes. C’est dans la nuance que Véronique Nichanian impose, comme un auteur, un vocabulaire, une grammaire. Chez elle, il est toujours question de décontraction. Des pantalons s’élargissent comme des survêts, se portent avec des vestes plus structurées. Le beau paradoxe est que cette aisance s’accomplit au milieu d’un univers rempli de matières luxueuses et ahurissantes. Il y a des sweat-shirts en «crocodile chiffon», en «peau lainée», un pantalon en «veau lustré» et souple. Cela n’empêche pas les costumes sobres et sombres d’être très désirables. Dans le lexique des matières maison (où se nichent de drôles de mots, comme «Toilovent» ou «Toilorage»), tout conduit à une virilité irriguée de subtilité. A l’image de son casting, une bande de mannequins aux yeux doux (mention spéciale au sosie d’Edward Furlong jeune). Hermès a beau ne jamais inviter de starlettes à ses défilés, le PDG de Radio France, Mathieu Gallet, assis au premier rang, émoustillait les invités et prenait des photos de chaque passage avec son smartphone.
Mode
Hermès tout en souplesse
Prêt-à-porter automne-hiver 2015. Les défilés vus par la photographe Emma Picq.
(Photo Emma Picq. )
ParClément Ghys
Publié le 27/01/2015 à 13h28
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