Doté d'un don de prescience, Michel Denisot a interviewé cet été Elton John sur sa «rentrée chargée». A écouter ce saint laïc déverser sa bonne parole, on se dit qu'il a bien mérité de tenir la chandelle à l'enterrement de Lady Di avec le succès que l'on sait. On se dit que ce n'est pas la princesse de Galles qui était rock, mais Elton John qui aurait peut-être bien un devenir monarchiste. On se demande d'ailleurs s'il n'a pas racheté à Mobutu la somptueuse villa niçoise où il reçoit Denisot, tous deux très assis et guindés sur leur notoriété et sur de hideux crapauds dignes d'une officine de potentat local. C'est sans doute la marque de Denisot que de transformer ses interviews en allocutions de chefs d'Etat, avec langue de bois et encouragements à la plèbe sculptés dans le marbre.
Sur le CD deux titres, Candle in the Wind, hit planétaire qui s'est déjà vendu à deux millions d'exemplaires en France, est comme par hasard précédé de Something about the way you look tonight, que l'on retrouve sur l'album qui sort aujourd'hui: The Big Picture, dédié au couturier assassiné Gianni Versace, également enterré sur les accords du Mozart de la jet-set.
Beaucoup d'obsèques, beaucoup d'émoi, beaucoup de royalties. Il en faut de la sagesse pour supporter tout ça, explique Elton John face à l'obséquieux Denisot, il faut avoir beaucoup souffert. Mais, maintenant, tout va bien. Il a commencé en folle perdue excentrique, il finit en clergyman contrit («le pouvoir de la prière est très sous-est




