L'année commence sur les chapeaux de roue. Début janvier, dans La Lettre du disque, coup de sang remarqué de Jérôme Ebella, alias Kenzy, mentor du Ministère Amer (Stomy Bugsy, Passi, Gyneco") et responsable de secteur A, une des principales structures de production et d'édition du marché rap florissant: «En France, le business m'exaspère, dit-il. A part un ou deux directeurs de label, je trouve le reste médiocre ["] Ce que j'aime bien, c'est avoir en face de moi des directeurs de banque, et pas de label, qui sont assez intelligents pour savoir que jamais ils n'auront un mot à dire sur l'artistique.» Dans tous les domaines, les multinationales du disque sont confrontées à des artistes qui vont au bras de fer et réclament une part de plus en plus importante des profits. Elles voient parallèlement monter en puissance des univers comme le rap (ou la techno) qu'elles peinent à déchiffrer et à pénétrer. «Depuis plusieurs années, notre travail se modifie, dit Philippe Desindes, responsable de la direction artistique chez Sony, nous cherchons moins à repérer des artistes que les bons intermédiaires, ceux qui savent trouver les talents sur le terrain"» Or en matière de rap, l'équation n'est simple que sur le papier. Les intermédiaires, souvent les artistes eux-mêmes, sont les seuls à «savoir capter l'énergie de la rue», à se trouver au coeur du bouillonnement créatif. Ils le font valoir. L'âpreté musicale, la frustration sociale se doublent souvent d'une forte agressivité écono
A qui profite la rime.
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Les multinationales du disque sont confrontées à des artistes-entrepreneurs, qui veulent tout contrôler. Tensions.
Publié le 26/01/1999 à 23h19
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