«Où fuir, où?/ Dis-moi brave homme/Ih ah je pleure, hi ah je me lamente/Il n'y a plus d'espoir en ce monde/Que des ragots et des injustices/Le courageux est devenu pleutre/Qui vivra verra/Tu n'entends plus que des rumeurs/Ils découpent la chair humaine/Ils boivent le sang des frères/Sans peur ni pudeur», chante Khaled sur son nouvel album, Kenza. Une reprise en duo avec Amar, jeune protégée de Talvin Singh, gourou ethno-techno de la scène anglo-pakistanaise.
Chant d'évasion. Cette chanson étonnamment prémonitoire, El Harba wine (Où fuir), Khaled en avait fait le tube du printemps 1988 en Algérie, quelques mois avant les émeutes d'octobre, dont il fut la bande son. Cette révolte de la jeunesse algérienne a enfanté la guerre civile sans nom ni visage que vit depuis le pays. Le coup du maître Khaled a été de croiser, dans ce chant d'évasion sans horizon, le texte sombre du parolier Mohamed Angar et le rythme le plus rock de la musique kabyle, inventé par Idir avec la chanson Zwit rwit (Bouge toi remue toi).
Un slogan lancé il y a plus d'un quart de siècle par le chantre électro-folk de l'identité berbère sur l'album A Vava inouva. L'arabophone oranais Khaled et le berbérophone kabyle Idir ont fait nombre de duos sur scène. Ils sont aujourd'hui les têtes d'affiche d'un meeting communautaire hautement symbolique, la vingtième commémoration d'un événement appelé «le Printemps berbère», qui réunit la majestueuse septuagénaire du chant traditionnel kabyle Chérifa, son




