Menu
Libération
Critique

La comète Christophe

Réservé aux abonnés

Après 27 ans d'abstention, le chanteur beau bizarre renoue avec la scène ce soir à l'Olympia. Reportage dans les coulisses d'un come-back illuminé.

ParBruno MASI
(envoyé spécial à Clermont-Ferrand)
Publié le 11/03/2002 à 22h33

Dernier dimanche de février, dehors s'étendent les hangars Michelin, coiffés par un ciel de plomb qui recouvre jusqu'aux cimes des volcans. Dans la loge de Christophe, Johnny Depp pointe son arme de cow-boy halluciné sur une pochette de CD. A côté traînent Come with us des Chemical Brothers, une paire de baskets, plus deux ou trois T. shirts roulés en boule. Plonger dans la bulle Christophe, en pleine torpeur hivernale à Clermont-Ferrand, relève de l'expérience surréaliste. Illuminé génial ou indécrottable ringard, le créateur d'Aline et des Marionnettes navigue à vue, au rythme de sursauts d'adrénaline et de répétitions, jusqu'à l'aube. Avec toujours ce temps de retard qui fait de lui un satellite sur étrange orbite, émettant des signaux à contre-temps.

Mausolée kitsch. «Quand j'ai dit autour de moi que je me lançais dans l'aventure, on m'a pris pour un fou». La veille du premier concert de Christophe depuis vingt-sept ans, Laurent Castagnié, son producteur, semble jouer sa chemise. Le projet, tel qu'il s'est mis en place à l'automne, avec un mois de travail en studio à Paris puis une semaine de répétition en plein Massif central, n'a rien d'une sinécure. Deux semi-remorques de 36 tonnes, une trentaine de personnes mobilisées, dont quinze musiciens, des plasticiens, une chorégraphe, un metteur en scène, une flopée de roadies et... un magicien pour assembler un mausolée kitsch de deux heures, saugrenu et somptueux. D'arrondis guimauve limite Grease aux projec

Dans la même rubrique