Quand il ouvre la porte de son grand «appartement» en haut d'une impasse de Montmartre (en réalité l'étage d'un ancien temple bouddhiste), en cette fin d'après-midi de juillet, Arthur H masque parfaitement son euphorie. Le visage et l'humeur aussi sombres que la chemise entrebâillée. Peut-être est-ce la fatigue de la tournée qui suit la sortie de son nouvel album, l'excellent et polymorphe Négresse blanche (il adore les oxymores). Ou bien l'augure de se coltiner une énième séance d'explication de ses travaux. «Dans un pays pseudo-littéraire comme le nôtre, les gens te demandent toujours de justifier tes textes. L'avantage avec la musique, c'est que c'est difficile d'en parler. Et puis, je vis toujours le fait de me raconter comme quelque chose d'étrange.»
Et Arthur H, pendant la cérémonie du thé, de confier une méfiance envers les journalistes, accusés de privilégier raccourcis et évidences, de déformer les propos sans vergogne et d'user des clichés par fainéantise. Difficile, pourtant, d'éluder les sujets qui fâchent. Sa voix, sublime par son côté toile émeri matelassée, de plus en plus claire («plus ça va, plus je m'allège, donc j'allège ma pauvre voix»). Sa filiation : depuis ses débuts, au crépuscule des années 80, on le bassine sur Jacques Higelin, son père («nos points communs sont trop intimes pour les voir clairement»). Et la dissection de ses chansons : «Quelque chose de simple, qui n'a d'autre ambition que d'offrir un univers de sensations, d'émotion.»
A 37 ans, il c




