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Critique

Les Marsalis, esprit de famille

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Jazz in Marciac. Le père, Ellis, et ses quatre fils ont donné un concert impeccable.

ParSerge Loupien
envoyé spécial à Marciac
Publié le 11/08/2006 à 22h55

A Marciac, il est une question que l'on se pose souvent : que se serait-il donc passé si les Marsalis avaient tous décidé de jouer d'un même instrument ? Auraient-ils monté un quatuor de saxophones, un big-band de clarinettes, une section d'ukulélé, une fanfare d'hélicons ?

Et si Ellis, le patriarche du clan, n'avait conçu que des filles ? Celles-ci seraient-elles devenues concertistes classiques, Bluebells au Lido, choristes metal mental, pom-pom girls à Jean-Bouin ? L'évolution du jazz moderne (sans parler du destin de Jazz in Marciac) n'en eût-elle pas été bouleversée ?

Heureusement pour nous (pour eux aussi peut-être), les Marsalis ont opté pour la diversité. Même si l'on ignore, là encore, la nature des critères qui ont poussé l'aîné, Branford, à choisir les saxophones (alto, soprano, ténor) plutôt que la guitare électrique ou la trompette, réservée à son cadet Wynton (lequel protestera ensuite, sous prétexte qu'il aurait préféré un chouette ballon de basket, malgré sa détente de nain de jardin).

Cigares et bourbon. Bref, chaque naissance chez les Marsalis de La Nouvelle-Orléans a été saluée par une distribution gratuite de cigares et de bourbon aux voisins, et par l'attribution, à l'enfant tant désiré, d'un nouvel instrument rutilant. Trombone (à coulisse) pour Delfeayo (par chance il possède une bonne envergure), batterie pour Jason, qui n'a pas trop osé la ramener vu ce qui restait en magasin (harpe, castagnettes, guimbarde, didgeridoo...). Ainsi les Ma

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