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Critique

La griffe Measha

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Lyrique. Measha Brueggergosman, soprano montante de la scène canadienne, en concert ce soir à Paris.

Publié le 20/10/2008 à 6h51, mis à jour le 20/10/2008 à 6h51

Elle chante professionnellement depuis 2000, mais pour la première fois à Paris. Car outre l'une des sopranos les plus solides de sa génération, dotée d'un timbre conjuguant onctuosité et lumière, Measha Brueggergosman est une interprète d'une rare expressivité, qui enflamme un lied de Schoenberg avec la même gourmandise qu'une Aretha Franklin s'attaquant au Respect d'Otis Redding. Héritage de l'église baptiste de Fredericton dans le Nouveau Brunswick (Canada), où elle fit à la fois ses classes et ses débuts.

Capable du même lyrisme inflammatoire que Susan Graham dans Berlioz et Massenet - comme en atteste Extase, son dernier CD paru en Amérique chez CBC Records, comparée à Leontyne Price dans le Requiem de Verdi, wagnérienne prometteuse à en croire ses Wesendonck Lieder, et straussienne pertinente qui offrit à Paris les Quatre Derniers lieder avec le symphonique de Gothenburg, Measha Brueggergosman est surtout, à 31 ans, une musicienne respirant l'intelligence et l'humour.

Surprise, son premier CD pour Deutsche Grammophon, paru en 2007 aux Etats-Unis mais qui vient de sortir en France, porte bien son nom : c'est une crème Mont Blanc dégusté en sirotant du champagne, une fontaine de jouvence, un bouquet ravageur de mélodies de Schoenberg, Satie et William Bolcom, duquel elle enregistra des Songs of Innocence and of Experience couronnés d'un Grammy Award en 2004.

Ce soir au Théâtre de l'Atelier, acco

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