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Libération

Un modèle de classe populaire

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Sans dandysme ni mimétisme, le chanteur ne s’est jamais départi de son élégance.

Publié le 16/03/2009 à 6h51, mis à jour le 16/03/2009 à 6h51

C'est une pochette en noir et blanc. Sur le 45 tours est écrit «Baschung» avec des lettres rondes. Sur la photo, l'auteur, 19 ans, chevelure frisottante, a un air de Bruel. Il porte un pantalon à larges carreaux, un gilet en lapin sans manches, manière d'illustrer le titre du morceau Pourquoi rêvez-vous des Etats-Unis ? et la mode préhippie qui fait des dommages collatéraux chez les yéyés de l'époque. Quarante ans après, lors des derniers jours de sa tournée, Alain Bashung habille les boursouflures et la calvitie de la chimiothérapie en costume Agnès B. dans une stricte sobriété à base de noir, de veste de costume et de chemises dont il avait pris l'habitude de relever le col.

Marlou. Chez ce fils de Kabyle et d'une Bretonne, pas de dandysme à la Gainsbourg (et ses ballerines Repetto), ni de mimétisme à retard comme Johnny Hallyday, son style marche le fil d'une élégance populo. Quand la France se précipite pour acheter le 45 tours de Gaby, elle découvre sur sa pochette un type, une guitare entre les jambes, veste à épaulette bleu fadasse et chaussures Two Tone, pompées à la vague ska. Avant d'occuper les ondes et le hit-parade, Alain Bashung a écumé les salles de bal et les restaurants, et il gardera toujours un peu de cette esthétique très française du chanteur de bal, un peu forain, un peu marlou qui vérifie son tube de gomina et le tombé de sa veste en satin avant de monter sur les planches. Sur l'album de la fracture, Play Blessures

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