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Renversante

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Melody Gardot. Cette miraculeuse chanteuse américaine de 24 ans, rescapée de la route, a foudroyé notre reporter.

Publié le 11/07/2009 à 6h53, mis à jour le 11/07/2009 à 6h53

On a bien fait de s'arrêter en chemin pour lui acheter une boîte de chocolats, car la jeune fille se pointe au rendez-vous avec une pivoine blanche à la main : «Un cadeau pour toi pour excuser mon retard», gazouille-t-elle dans un français charmant. Melody Gardot, parfaite à la ville comme à la scène.

La scène, c’était la veille à Paris (mi-mai), celle de l’Alhambra. La jeune Américaine y était particulièrement attendue, précédée par deux disques de jazz/folk/blues pas révolutionnaires mais subtils, d’où surgit une voix qui se love dans les notes bleues comme un chat sur vos genoux. Précédée aussi par son histoire tragique : à 19 ans, en sortant de la fac à Philadelphie, elle s’est fait aplatir par un 4x4. Bassin brisé, atteintes à la colonne et à la tête, des mois sur un lit d’hôpital, rééducation, thérapie par la musique, pas mal de séquelles. Mais de la chrysalide de douleurs est sorti ce joli papillon, qui s’est découvert une aptitude miraculeuse au chant et à la composition.

Melody, 24 ans, entre donc sur la scène de l'Alhambra, s'aidant d'une canne mais perchée sur des talons aiguille de dix bons centimètres, et instantanément se joue à ses pieds un remake du Red Hot Riding Hood de Tex Avery : nous (les hommes, et quelques femmes) ne sommes plus que loups à la mâchoire tombée au sol comme une enclume, aux yeux projetés à un mètre de leur orbite, à la langue déroulée comme un tapis rouge. Sur son tabouret, elle agite ses longues jambes en collants noirs

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