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Interview

Le tradi-moderne de Kinshasa se rassemble

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World. A la Villette, à Paris, un minifestival relance un genre afrocentriste des années 70.

Publié le 15/07/2009 à 6h52, mis à jour le 15/07/2009 à 6h52

Ce soir, Konono n°1, Kasai Allstars et Staff Benda Bilili (Libération du 10 juillet) se produisent pour la première fois sur la même scène, au Cabaret Sauvage. Ces trois groupes phares de la musique «tradi-moderne» congolaise ont été révélés par Vincent Kennis, musicien (les Tueurs de la Lune de Miel) et producteur belge du label Crammed Records, pour lequel il écume la république démocratique du Congo depuis deux décennies.

Comment avez-vous découvert la musique tradi-moderne?

J’étais tombé sur une double cassette, assez confidentielle, publiée chez Ocora. Elle avait été enregistrée par un réalisateur de France Culture, Bernard Treton, qui était parti au Zaïre des années 70, dans le cadre d’une coopération avec l’ORTF. Il s’est baladé dans la cité, a entendu Konono et les ancêtres de Kasai Allstars. Il les a enregistrés.

D’où vient cette musique ?

Pour les Congolais, c’est vieux, ça remonte au milieu des années 70, à l’époque du combat Ali-Foreman. A l’époque, il y a eu un grand mouvement politique lancé par Mobutu, «l’authenticité», selon lequel le Zaïre avait tout ce qu’il fallait. La musique étrangère était bannie de la radio. Pour encourager ce mouvement, les autorités ont donné des guitares électriques, des amplis, etc. à des groupes traditionnels. Il n’y a pas eu rupture avec la tradition mais réinterprétation avec d’autres moyens.

Comment avez-vous retrouvé ces musiciens?

En 1989, j'ai eu l'occasion d'aller à Kinshasa. J'ai demandé ce qu'étaient devenus ces groupes. On m'a dit : ça n'existe plus. En fait, les seuls groupes tradi-modernes qui continuaient à exister étaient

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