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Critique

Dans le Miles

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Expo. Le musée de la Musique, à Paris, ressuscite la vie et l’œuvre foisonnante du trompettiste américain.

(Miles Davis dans les studios de la Columbia lors de l'enregistrement de Porgy and Bess (1958). Court)
Publié le 19/10/2009 à 0h00

Après Gainsbourg, et avant Chopin (au printemps), le musée de la Musique s’intéresse au cas Miles Davis. Et il le fait de façon remarquable. Qu’on connaisse un peu, beaucoup ou pas du tout la trajectoire du trompettiste caméléon, que l’on soit fan de telle ou telle de ses «périodes», ou d’aucune, on passera en sa compagnie deux heures stimulantes, grâce au parcours astucieux qu’ont conçu Vincent Bessières, commissaire de l’expo, et les scénographes de Projectiles.

Ressusciter la vie et l’œuvre d’un musicien sur quelques centaines de mètres carrés est un exercice casse-gueule que l’institution de la Villette pratique depuis quelques années avec plus ou moins de bonheur. Côté moins : le risque de l’abstraction un peu sèche, comme avec l’installation Gainsbourg, ou encore l’excès de didactisme, qui plombait par exemple l’expo «Musique populaire brésilienne». Côté plus : l’expo Lennon, émouvante tout en évitant l’écueil du simple déballage de reliques.

«Ange noir»

Avec Miles Davis, on atteint une forme presque idéale pour ce type de manifestation. Le visiteur est plongé dans une succession d'«images sonores» qui le happent et l'entraînent vers l'essentiel : la musique. Résumons brièvement le dispositif. Chaque salle est organisée autour d'une grande image (fixe ou animée) correspondant à une «époque» davisienne, du bop au funk, du sideman à l'idole. Autour de l'icône sont disposés quelques objets, photos et textes emblématiques, ainsi qu'une «b

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