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Critique

Gil Scott-Heron, retour au parloir

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Hip-hop. Après quinze ans d’absence et plusieurs peines de prison, le poète américain, maître du «spoken word», signe un remarquable nouvel album.

Publié le 16/02/2010 à 0h00

Gil Scott-Heron n'a pas enregistré d'album studio depuis quinze ans, mais ce monsieur d'une soixantaine d'années sait encore nous expliquer comment écouter sa musique de manière «optimale». Voici donc les quelques consignes données sur la pochette de son nouvel album, I'm New Here, sorti voici quelques jours : «Acheter un CD est un investissement, dit-il. Alors, pour en tirer le maximum, ne l'écoutez pas pour la première fois dans votre voiture ou sur votre lecteur portable. Emmenez-le chez vous, débarrassez-vous de toutes distractions (de lui ou d'elle). Eteignez votre téléphone, tout ce qui peut sonner, beeper, vibrer ou siffler. Mettez-vous à l'aise.» Nulle mention du MP3, Gil Scott-Heron revient aux bases : la chaîne hi-fi du salon. Et là, la voix grave et rauque de celui qu'on appelle le Leonard Cohen black raconte une enfance auprès de sa grand-mère Lily Scott dans le Tennessee.

Incantations. Le maître du spoken word, l'ancêtre du slam, utilise la musique synthétique futuriste du Flashing Lights de Kanye West, à la fois pied de nez et hommage à ce rappeur qui, comme lui, est né à Chicago. Sur son dernier album, Spirits, en 1994, Gil Scott-Heron, père fondateur du rap avec les Last Poets et James Brown, sermonnait ces rejetons dans le titre Message to the Messengers, en leur rappelant qu'il ne suffit pas de faire rimer quatre mots de quatre syllabes pour être un poète, encore moins e

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