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Interview

Pierre Boulez : «Merveilles du genre»

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Classique . Ce soir à Pleyel, Pierre Boulez présente les œuvres qui ont marqué sa vie.

Publié le 27/05/2010 à 0h00

A 85 ans, le chef compositeur Pierre Boulez est invité à retracer son «parcours» par l'Orchestre de Paris, avec lequel il a donné 90 concerts depuis 1976. Eric Picard, violoncelliste solo de l'orchestre, a proposé un autoportrait en deux soirs et trois volets : le premier, Brève Anthologie, consiste en extraits d'œuvres de compositeurs ayant compté pour Boulez et qu'il a dirigées (Schœnberg, Debussy, Bartok, Varèse, Webern, Stravinski…) ; le deuxième, une Autre Génération, explore la musique de ses contemporains (Ligeti, Stockhausen, Berio…) ; Et maintenant ? conclut sur deux créations de jeunes compositeurs sous la baguette de Boulez. Ce bilan d'un siècle, auquel participe l'Ensemble intercontemporain, est aussi celui d'un révolutionnaire fidèle à ses convictions théoriques d'hier, capable de surprendre.

Au programme du concert, des Canyons aux étoiles de Messiaen. Vous avez changé d’avis sur cette œuvre ?

Non, je l'ai d'ailleurs peu dirigée. Après Chronochromie, les points d'inspiration de Messiaen sont toujours les mêmes : grégorien, description de la nature et bruit des oiseaux. Seule varie la façon de les utiliser. Sa musique en fa dièse majeur, je ne la dirige pas ; tout comme sa Turangalîla-Symphonie. Je préfère ses œuvres condensées comme les Poèmes pour Mi à l'orchestration plus inventive et souple. On y trouve, transformés mais apparents, des caractères debussystes, car Messiaen était alors sous son influence. Son langage modal à cette époque était travaillé et contrôlé.

Pourquoi avoir choisi les Cinq mouvements pour quatuor à cordes, op. 5 de Webern, et non pas une pièce pour orchestre ?

Parce que c’est une des merveilles du genre q

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