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grand angle

Le French pianist qui décape Gershwin

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Installé aux Etats-Unis depuis vingt-cinq ans, Jean-Yves Thibaudet publie, chez Decca, des «Rhapsody in Blue» et «Concerto en fa» qu’il rend à leurs méconnues et juteuses orchestrations jazz.

ParEric Dahan
envoyé spécial à Los Angeles
Publié le 31/05/2010 à 0h00

Il est midi, le soleil inonde les sièges déserts du Hollywood Bowl. De Sinatra à Pavarotti en passant par les Beatles et les Doors, tous les grands s'y sont produits. Mais la vocation première de l'amphithéâtre aux 17 376 places, ouvert en 1922, est d'accueillir, l'été, les concerts du Los Angeles Philharmonic. C'est sur la scène qu'ont été dressées les tables du rituel déjeuner de présentation de la saison. Un groupe de jazz électrique joue Maiden Voyage de Herbie Hancock, quand, surgissant de sa Corvette gris métallisé, Jean-Yves Thibaudet rejoint l'assistance en jean, baskets et veste rayée. Le «French pianist» est aussitôt assailli par des admiratrices qui le félicitent pour sa performance de la veille, au Disney Hall : soliste invité du Philharmonique de Los Angeles, il a donné une interprétation éblouissante de The Age of Anxiety de Leonard Bernstein, le compositeur de West Side Story.

Cela fait trois décennies que la critique et le public américain ont adopté Thibaudet et vingt et un ans qu'il a joué pour la première fois au Hollywood Bowl. Si Thibaudet, né à Lyon en 1961, se produit rarement dans l'Hexagone où ses flamboyances vestimentaires l'ont peut-être desservi, il donne une centaine de concerts par an dans le reste de la planète. Ses atouts : un discours musical puissamment articulé, une virtuosité digitale qui impressionna Vladimir Horowitz, une sensibilité contenue, un goût de la précision et de la clarté qui n'exclut pas l

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