La quatrième nouvelle production du Festival d'Aix-en-Provence a été dévoilée dimanche soir, sous le signe du «retour». Premier retour, celui que les festivaliers ont fait au Grand Saint-Jean : le domaine verdoyant qui avait abrité la Flûte Enchantée de Stéphane Braunschweig en 1999 restait inexploité depuis plusieurs éditions. L'autre Retour, c'est l'opéra qu'a composé Oscar Strasnoy, sur un livret d'Alberto Manguel, d'après son roman El Regreso, et dont la création mondiale a été donnée dans un Grand Saint-Jean réaménagé pour offrir aux spectateurs le panorama infini de la nature.
L'ouvrage commandé par le festival au compositeur argentin n'a pourtant rien de bucolique. Nestor Fabris retourne en Argentine pour assister au mariage de son filleul. Dès son arrivée, il est assailli par les atrocités d'une dictature, fuie trente ans auparavant. L'affaire prend un tour kafkaïen lorsque, tombant sur le professeur Grossman, il est entraîné dans un lieu mystérieux appelé Dis, pour «Disgrâce», «Infamie» et «Sombre». Là paraissent les fantômes de ceux qui ont dénoncé et jugé, «scié les os» et «taillé les chairs»; mais aussi celui de Marta, mère du filleul, aimée puis quittée par Nestor. Lui aussi croyait que «rien ne change sans tout changer», mais il préféra l'exil. Marta, qui n'est jamais revenue de Dis, le condamne à «l'exil de l'exil» à «se souvenir sans jamais pouvoir r




