Avec son décor d'anticipation gris Tarkovski et son titre siglé d'exil, Pacific 231 est un album de la rentrée. Très composé, écrit, psalmodique, dense et rythmé, le volume obsédant, aux airs de Raphaël de la relance en force, est à multiple entrée.
«Scalpel». Ethno-world (Dharma Blues), sonique (Ce doit être l'amour), primitif (Locomotive), névrosé («Un poison violent/ Mélange de mes parents»), chromo (Versailles), langagier («J'ai la gueule de mon époque/ Et toi tu ressembles à ta mère»), visité («Est-ce mon squelette au bar de l'hôtel/ Est-ce ma toilette faite au scalpel»), beauf parodique (le Patriote), phraséologique (Terminal 2B, Odyssée de l'espèce et autres «Si je trouve à l'injustice une bonne raison»), tubesque (Bar de l'hôtel, la Petite Misère…), vocal (voix de tête de haute lige Cristiani, René Joly, Christophe, Nilda Fernandez, Juvet), zonard (Je hais les dimanches), visqueux (Je détruis tout), animal («On montre les dents/ Et on courbe le dos»), mélo («… qu'on n'a plus une thune en poche/ que l'hiver approche/ que les foyers sont tous complets»), et par-dessus tout, bashungien.
Cette entrée «Bashung» est de nature à troubler le lecteur ; tâchons d'expliciter. Par ses arrangements rock ferrés (signés Raphaël, qui, outre la production Bowie/ Adrian Belew - le guitariste «éléphant» présent physiquement -, fa




