A l'angle de Central Park West, le 1 West 72nd Street. Les passants qui ne connaissent pas encore cette adresse n'ont qu'à s'arrêter une minute et tendre l'oreille : «Tu sais chérie…» ou «Vous voyez les enfants, c'est là que John Lennon…» C'est comme ça depuis presque trente ans. Le chanteur fut abattu devant son domicile par Mark David Chapman, le 8 décembre 1980 à 22 h 52. Dans l'après-midi, ce fan dérangé avait fait autographier à Lennon son dernier album Double Fantasy. Puis il avait attendu le retour de l'artiste de sa séance de studio. Vingt minutes après avoir reçu cinq balles sous les yeux de Yoko Ono, et s'être effondré dans le hall du Dakota Building, John Lennon, transporté à l'hôpital Roosevelt, était déclaré mort.
Des allures de forteresse
On a tout lu sur ce drame : Chapman était manipulé par le FBI qui, après avoir cherché à expulser Lennon des Etats-Unis, s'en serait ainsi débarrassé. Certains ont accusé Yoko Ono, férue d'occultisme, d'avoir provoqué cette disparition. D'autres ont rappelé que depuis le «shoot me» de Come Together (sur l'album Abbey Road des Beatles), le rocker militant savait comment il allait mourir. On peut aussi se faire sa propre idée en écoutant l'interview qu'il donna le 6 décembre 1980,quarante-huit heures avant son assassinat. Le couple semblait complice comme jamais, annonçait un nouvel album quasi achevé - Milk and Honey paru en 1984 - et la première tournée mondiale de toute la carriè




