C'est son sparadrap du capitaine Haddock. Quoi qu'il fasse, il lui revient toujours dans la face. Le pire, c'est que les gens, en le lui rappelant sans cesse, non seulement ne pensent pas à mal, mais croient lui rendre hommage. Lui ne supporte plus ce marquage au fer rouge. La bande originale du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain est, pour Yann Tiersen la meilleure et la pire des choses. Depuis le succès planétaire du film de Jean-Pierre Jeunet, en 2001, près de trois millions d'exemplaires de la bande originale (BO) du film signée Tiersen se sont vendus sur la planète. «Le côté positif, c'est que ça a permis à des gens de découvrir mes albums», reconnaît-il. Tout en lâchant illico : «Le négatif, c'est que ça a donné un éclairage faussé et réducteur aux fainéants. C'est un peu énervant.»Un euphémisme vite musclé : «La Valse d'Amélie, je ne peux plus la voir.»
Baskets en toile, tee-shirt rayé, deux anneaux dans l'oreille gauche, collec de bagues sur la main gauche, ongles rongés, cheveux en jachère. Extérieurement, Yann Tiersen a la dégaine idoine de ce qu'il est. Un tout juste quadra qui vit comme il l'entend : libre. Dans sa vie comme dans son art. Témoin, son dernier album, le très rock Dust Lane, où il s'emploie comme jamais à déconstruire cette image accordéon-violon montmartroise qu'il abhorre.
Le possédé. Tous ceux qui le connaissent le disent. Il en convient. Il ne vit que pour et par la musique. Quelle vie aur




