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Critique

The Delano Orchestra, démons d’Auvergne

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Spleen . A la tête du mini label Kütu Folk, basé à Clermont-Ferrand, Alexandre Rochon sort un troisième album sombre et splendide.

Alexandre Rochon, leader du projet Delano Orchestra, en novembre. (Frédéric Stucin/Myop)
Publié le 05/01/2011 à 0h00, mis à jour le 05/01/2011 à 19h22

Et si on commençait l'année 2011 par un flash (back)? Une pseudo-reconnaissance de dette. Une reconnaissance tout court. C'est qu'avec The Delano Orchestra, et son Now That You Are Free, My Beloved Love, sorti aux premiers frimas d'un hiver blanc, impossible de zapper son intégrité spectrale, sa petite mélancolie stellaire, sa noirceur haute en couleurs. Voilà donc un trop discret groupe de Clermont-Ferrand, pépinière d'un son folk-rock cotonneux et rêche à la fois.

L'album est le fruit d'un label indé incontournable (Kütu Folk) porté à bout de bras depuis bientôt cinq ans par Alexandre Rochon, 29 ans, leader du projet The Delano Orchestra. Now That You Are Free… est son troisième album en trois ans. Il y est entouré de cinq acolytes - à grand renfort de cuivres ou de contrebasse, à l'esthétisme épuré. Une orchestration toujours plus ample, autour d'un fil rouge déchiré : «Ma musique raconte une histoire d'amour depuis le début, et le dernier album a été écrit dans une période de rupture.»

«Tension». Le spleen de The Delano Orchestra a un truc à lui : il distille des bouffées de plaisir dans un paysage à fleur de peau. Il joue sur la sentimentalité sans verser dans le sentimentalisme. Il imprime. Une légère encre indélébile aux couleurs tourmentées. Ou de grands espaces intemporels au souffle tempétueux.

On peut bien, si l'on goûte à la paléontologie folk-post-rock, y exhumer des flirts avec Mark Linkous (Sparklehorse), Kurt Wagner (L

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