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JP Nataf, innocence perdue

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Avec les«Innos», le chanteur-compositeur enchaînait les tubes. En solo, la critique l’encense mais les temps sont durs.

(Franck Loriou)
Publié le 11/01/2011 à 0h00

On s’en doutait un chouïa, il faut bien l’avouer. C’est donc officiel : il faut une certaine dose sinon de cynisme tout au moins de calcul pour vendre aujourd’hui des disques. Ou, au minimum, de realpolitik artistique. Il n’y a plus de place pour les idéalistes obtus, ces travailleurs à (leur) façon, ces réfractaires à la machine-outil musicale à fabriquer des tubes en acier trempé pour radios. Pas de bol pour le troubadour ci-devant JP Nataf, petit artisan devenu totalement étranger à ces pratiques de saison. Oui, devenu. Car cela n’a pas toujours été le cas.

1987 : la France chante et danse sur les accords de Jodie, hit du groupe hexagonal de saison d'alors, les Innocents. L'imparable et jolie chanson pop très intelligemment produite prend le Top 50 en otage pendant des semaines. Quatre albums suivront et quelques singles à succès avec (l'Autre Finistère, Un homme extraordinaire, Je vais à Bang Bang, Un monde parfait, Colore…). Avant l'implosion en 1999 de la bande de potes formée dix-sept ans plus tôt. «On était un groupe de scène capable de dérider les Hell's angels. On a joué en première partie des Fleshtones, de REM… Mais le Top 50 nous a tués. On n'a pas pris la grosse tête, on nous a changé de bain.» Et le groupe a bu la tasse quand Jean-Christophe Urbain a décidé de quitter ses camarades. «Je lui en ai voulu énormément.»

Après avoir décroché le pompon, Jean-Philippe Nataf a remisé son béret et lâché son blaze «Jipé» pour le réécrire

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