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Critique

Anna Calvi, le feu sous l’écorce

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Rock. La Londonienne, encensée par la presse et ses pairs, sort aujourd’hui un premier album orageux et inquiétant.

Anna Calvi, en novembre à Paris. (Samuel Kirszenbaum)
Publié le 17/01/2011 à 0h00, mis à jour le 18/01/2011 à 11h51

Comme la célèbre langue d'Esope dans la mythologie, l'avalanche de compliments qui s'abat actuellement sur la rockeuse anglaise pourrait être la meilleure comme la pire des choses. Depuis quelques semaines, Anna Calvi, son album sous le bras, est bombardée grand espoir musical de l'année 2011. «Je n'ai pas donné de nom à ce disque. Je pense qu'il est bien de l'appeler Anna Calvi, dans la mesure où il est l'aboutissement de ma vie jusqu'à présent.» Le vénérable et toujours vénéré hebdo musical britannique New Musical Express a décerné la note de 9/10 à la livraison de la Londonienne, avec ce commentaire : «Somptueux, séduisant et un peu effrayant, ce premier album de velours hantera vos rêves.» Le magazine anglais Uncut l'a propulsé disque de la semaine en le gratifiant de quatre étoiles. Les Inrocks et Libération en ont fait un de leurs espoirs de l'année, tandis que le bimestriel français Vox Pop lui consacre la une de son dernier numéro sous le titre «L'obscur objet du désir», et huit pages intérieures passionnantes.

Matador. Autant de marques de distinction qui, si elles saluent le talent singulier de la jolie Anglaise, peuvent lui mettre une pression à même de lui faire perdre les pédales alors qu'elle vient juste de démarrer la course. Mais ce ne sera pas le cas, on le parie. De sa petite voix, elle réagit simplement mais sans arrogance : «Je suis reconnaissante que les gens apprécient mo

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