D'apparence débonnaire, en gros bonnet par cette froide matinée d'hiver, il arrive dans un café bobo du XIe arrondissement parisien, proche de sa maison de production. «Ich liebe dich, Sabine», dégaine-t-il le premier. «Une vieille chanson allemande», précise-t-il. C'est bête, on aurait aimé lui faire comprendre à peu près la même chose, en deux ou trois questions d'échauffement. Un vieux de la vieille, le papa du Bébé éléphant ? On l'aborde a priori comme quelqu'un de rare et cher, poète folk rugueux et marrant qui s'est éclipsé au beau mitan de son succès, à la fin des années 70. «J'ai longtemps vécu sur une péniche pourrie dans les villes pourries, pardon, "villes fleuries" de la banlieue de Paris», raconte-t-il. Il n'a aucun effort à faire pour écrire ses textes, qui tordent gentiment le cou, parfois, à la langue française. Dick Annegarn parle dans la vie comme dans ses chansons, avec un léger accent.
Adulé par les chanteurs français, M, Christophe, Arthur H et les autres, qui lui ont déjà rendu hommage, il continue de faire ses disques mais vit toujours en retrait. Depuis quelques années, il habite au pied des Pyrénées, entre deux séjours au Maroc et son pied-à-terre de Toulouse. Question de choix chez lui. Il ne s’est jamais habitué aux flashs, au show-biz, à la pacotille. Un peu nerveux, il aligne les blagues avant la séance photo, puis se met à transpirer au moment de la pose, malgré la fraîcheur matinale.
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