Que les choses soient claires. Ce mec est le type même du gars agaçant : très bon guitariste, crooner pas dandy même si très élégant (pour ne pas dire beau), serein mais normalement angoissé (oui, en plus il pense), humble et humain. On avait eu vent de Bertrand Belin et de son talent il y a quelques lunes. Mais c'est son troisième et dernier album, Hypernuit, entre chanson folk, country et blues, qui l'a propulsé dans la lumière. A 40 ans, ce Morbihannais d'origine possède des épaules à même de lui faire une place parmi les grands de la musique française singulière et exigeante, quelque part entre Jean-Louis Murat et Alain Bashung. Sorti à l'automne, son album a traversé l'hiver avec beaucoup d'aisance et reste parfait le printemps venu. Le chanteur-auteur-compositeur d'exigence le défend actuellement en tournée française.
L'amoureux des mots. Il exprime le bonheur de sa vie présente par un incongru : «Etre là, je l'ai appelé de mes vœux.» Si, vestimentairement, Bertrand Belin affiche la classe et l'originalité du client de friperies - «J'achète très peu de vêtements neufs» - et porte toujours une veste de costume - «comme les clodos et les traders» -, sa grâce s'inscrit dans les mots au quotidien, pas seulement dans les textes de ses chansons. «J'ai beaucoup de délectation à écouter des gens qui ont une langue riche. Et j'aime m'y aventurer avec gourmandise quand il y a des thématiques qui font chapelet», dit-il sans




