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Le dubstep by step

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Avec ses basses profondes, son rythme haché et ses ambiances planantes, le dubstep, apparu à Londres à la fin des années 90, traduit bien l’angoisse des jeunes urbains occidentaux. Alors que le genre prospère, de James Blake jusqu’à Britney Spears, un jeu des sept familles s’impose.

Creep (IO Tillett Wright)
Publié le 02/04/2011 à 12h44, mis à jour le 26/04/2011 à 16h17

Pendant plusieurs mois, la rumeur a circulé : Britney Spears avait demandé à l'éminent Rusko, poids lourd du dubstep, de produire son nouvel album. Quand l'assommant nouveau single de la virago américaine, Hold It Against Me, est sorti en février 2011, il n'y avait plus de doute : perdus dans la bouillie musicale, ce break haché, ce rythme lent et sourd ressemblaient bien à du dubstep. Un tournant. Jusque récemment, les artistes dubstep brillaient plutôt par leur discrétion et leurs collaborations exclusives. La donne a changé, et le dubstep n'est plus uniquement le fait d'une poignée de Londoniens enragés. Du haut de ses 22 ans, James Blake vient de sortir un premier album fracassant de douceur. Des artistes indépendants venus du rock et de la pop, outre les Britney et Rihanna, font du gringue au dubstep, attirant l'attention du public vers ce genre encore peu connu et, jusqu'alors, réservé aux Britanniques. Planant, inquiétant, distordu, alourdi par des basses massives, le dubstep évoque les angoisses urbaines des jeunes citadins. Le genre opère une fusion entre le dub, qui met en avant la basse et la batterie du reggae, et le 2-step, un mélange typiquement anglais. La chaleur du reggae se transforme en une boucle froide et répétitive, pleine de pulsations nerveuses, de sons métalliques et de sinuosités rythmiques. Aujourd'hui, qu'il s'agisse de The XX, de James Blake ou des remixes de Gil Scott-Heron, le dubstep est partout. Débroussaillage en sept familles.

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