Avril 2011, la saison du Metropolitan Opera bat son plein. Avant de découvrir le deuxième volet du Ring de Wagner mis en scène par Robert Lepage, les New-Yorkais ont rendez-vous avec Renée Fleming qui retrouve, pour sept représentations, un de ses rôles fétiches : la Comtesse du Capriccio de Richard Strauss. Il y a sept ans, au palais Garnier, elle subjugua les Parisiens dans ce rôle, concluant le mandat de Hugues Gall, directeur de l'Opéra de Paris, sur une note éblouissante. On était alors loin de se douter qu'elle disparaîtrait aussitôt après, et pour longtemps, des scènes de Bastille - où elle avait incarné d'extraordinaires Maréchale, Rusalka et Manon - et de Garnier - où elle avait livré des Mozart somptueux sous la baguette de feu Sir Georg Solti. D'où l'émotion de la réentendre dans Capriccio à Manhattan.
Pendant les deux heures et quart de cet «opéra de conversation» en un acte, la «reine du Met» fait plus que tenir son rang : le timbre est toujours miel et noisette, le legato plus crémeux que jamais, mais ceux qui la trouvaient encore distante en 2004 peuvent réviser leur jugement. Car la soprano préférée du public mondial semble avoir gagné une confiance nouvelle, pas seulement dans la maîtrise du rythme et du texte, mais aussi dans l’incarnation dramatique du pouvoir, cette qualité qui distingue les héroïnes straussiennes, au point de parvenir à rendre crédible le jeu de séduction amoureuse avec les deux partenaires masculins de cette pi




