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Critique

Aimez EMA

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Rock . Originaire du Dakota du Sud, Erika M. Anderson livre un premier CD à vif à l’image de son histoire tourmentée.

EMA, le 9 mai 2011 à Paris. Erika M. Anderson vient de Sioux Fall, capitale de 150.000 habitants d'un Etat paumé. (Audoin Desforges)
Publié le 08/06/2011 à 0h00, mis à jour le 09/06/2011 à 11h31

Elle est assise sur un coin de banc dans une boutique hype parisienne, clope roulée rivée aux lèvres, on lui parle d'un horizon lointain : six mois. «Si ça se trouve, je retourne pécher à la ligne et boire des mousses sur un lac du Dakota ; je rejetterai toujours les poissons.» Erika M. Anderson, alias EMA, 29 ans, cultive ses contradictions avec un brin de délectation. Le côté Suicide d'une fille qui sent bien, malgré tout, qu'un avenir se dessine en majuscule. Tout en rupture, que Past Life Martyred Saints, feulements et fracas, dans les bacs depuis lundi, capte à coups de boutures post-folk noisy et d'arrangements soignés, guitares saturées et intimisme tendu.

EMA laboure. Un rock épuré, sans poses («l'instinct, l'exploration et l'obsession»), qu'elle creuse et jardine sur des terres de catharsis chaotiques. Fraîcheur scotchante, rugosité évidente, tout en strip mélodique émotionnel et en trip verbal trashy. Avec elle, la noirceur tient de l'éclipse : le rai de lumière pointe. C'est courageux, libre. L'itinéraire d'EMA est à son image : sincère et cash.

Coups. Erika M. Anderson vient de Sioux Fall, capitale de 150 000 âmes d'un Etat paumé, le Dakota du Sud. Elle raconte le plaisir de rouler des heures : «Mon bled, c'est la terre plate. Si linéaire qu'on a le sentiment de pouvoir conduire sans fin.» Dans un seul but, parfois : «Se taper vingt heures aller-retour pour aller mater un groupe à Chicago», s'am

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