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Interview

«5 % des Français jouent de l’ordinateur»

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Musique. A l’occasion de la 30e édition de la fête, Jean-Matthieu Méon, sociologue, analyse l’évolution de nos pratiques.

Au musée de Saint-Petersbourg, «77 million paintings», une installation interactive de Brian Eno, en 2010. (REUTERS)
Publié le 21/06/2011 à 0h00

Par une sorte de prescience involontaire, la Fête de la musique soulignait dès sa première édition, en 1982, deux traits caractéristiques de l’univers musical né à la faveur de la révolution numérique : la place désormais centrale des amateurs et du live. Sa trentième édition offre l’occasion de s’interroger sur l’évolution des pratiques musicales avec le sociologue Jean-Matthieu Méon, maître de conférence à l’université Paul-Verlaine de Metz et coauteur d’une passionnante plongée dans l’univers méconnu mais persistant des harmonies (1).

Comment les pratiques amateur ont-elles évolué depuis la première Fête de la musique ?

Depuis les années 80, l’ensemble des pratiques amateur a augmenté, y compris sur le plan musical. Cette progression renvoie à différents facteurs, qui touchent aussi bien à la place croissante que la musique a prise dans les loisirs des Français depuis les années 60-70, qu’aux politiques d’éducation musicale (à l’école ou, surtout, en dehors) développées par les pouvoirs publics. Mais la progression est lente : depuis la fin des années 80, on tourne autour d’un quart des Français qui déclarent savoir jouer d’un instrument, et de 15-20% qui déclarent avoir effectivement eu une pratique musicale au cours des douze derniers mois.

Qui dit développement des pratiques ne dit pas forcément diversification des pratiquants. Pour la musique, comme pour les autres activités amateur, on retrouve les logiques générales du rapport à la culture et à sa pratique. Les musiciens amateurs sont le plus souvent issus de la catégorie des cadres et professions inte

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