La loi du chiffre tient du trompe l’oeil. Pourtant, les 95.000 entrées revendiquées par les organisateurs de la 23e édition des Eurockéennes (contre 80.000 l’an passé) correspondent assez à la réalité d’un très bon cru 2011. Sauf à reconsidérer l’architecture d’un site assez magique, disons qu’il est délicat de rêver faire mieux. La qualité versus la quantité? Belfort flirtera avec les 100.000 spectateurs maximum; c’est son mantra. Qu’en adepte, on adopte. Et qu'on vous raconte en détails par le menu de ces trois jours hors du temps.
Dimanche
Le dimanche (une programmation riche, la plus ambitieuse sans doute) fut un jour de tangeante et de bifurcation, de surprises détonnantes et d'étonnantes déceptions. Parmi ces dernières, les Américains (Nashville, Tennessee) Mona se contentent, à notre coeur défendant, de faire du copier-coller, pour à l'arrivée, nous livrer du sous Kings of Leon. Lesquels ont, syndrôme du jouer-plus-pour-gagner-plus, une fâcheuse tendance à la caricature.
Le collectif franco-américain Binary audio misfits, qui a ouvert l'ultime journée, amorce l'inverse. Il s'inspire sans se faire aspirer. Sa fusion? Du rock (Expérience, à Toulouse, ex-Diabologum) et du hip-hop (les MCs de The World Association, Texas). S'il peut bien revendiquer un héritage de l'excellent Zone libre, il fait sonner une virulence, une cohérence et une alternance – français, anglais – qui font largement sens.
On n'en dira pas autant de Moriarty, au




