Nous sommes en 2091. Depuis que la France est sortie du nucléaire, les Bretons, dont une partie réclame encore et toujours l’autonomie, se chauffent de nouveau devant l’âtre, dont la lumière a remplacé celles de la petite lucarne et de l’ordi. L’occasion pour les anciens, le soir venu, de narrer une histoire séculaire qui fait le bonheur des enfants.
Ce conte dit qu’un siècle plus tôt, en l’an de grâce 1991, une bande de leurs ancêtres centre-finistériens avaient organisé une fête pour moquer leur supposée arriération géographique et sociale au regard de leurs cousins du littoral, organisateurs du rassemblement voileux alors touristique des Vieux Gréements, sis à Brest. Fort rieurs, ces étudiants ruraux avaient baptisé leur raout les Vieilles Charrues. Au fil des ans, ce chahut de musiques d’alors (rock, folk, pop, chanson, electro, world), qui avait réuni 500 personnes à sa première édition, à Landeleau, sur les brisées d’Elixir, a grandi pour totaliser, vingt ans plus tard à Carhaix, 268 000 visiteurs, dont 212 000 payants. Une gageure pour cette terre centre-bretonne aussi enclavée que dynamique. Avec l’énergie des déshérités pour moteur. Et la grâce des inconscients comme récompense.
Aubaine. En 2011, pour leur vingtième anniversaire, les Vieilles Charrues, dont le budget global (11 millions d'euros) comptait tout au plus 1% de subventions institutionnelles, avaient bénéficié du soutien involontaire de la République. Le 14 juillet tombant un jeudi, le fest




