On n'a jamais autant réédité de disques oubliés qu'en 2011, et au-dessus de cette avalanche permanente de funk turc ou de crépitants 78-tours africains plane un rockeur iranien moustachu : Kourosh Yaghmaei. Aujourd'hui âgé de 66 ans, il fut un acteur essentiel des foisonnants débuts du rock iranien dans les années 70, avant d'être censuré par la révolution islamique à partir de 1979. C'est cette période de liberté que documente une compilation surprenante, Back from The Brink (1), qui rassemble trente chansons enregistrées entre 1973 et 1979, n'émergeant jusqu'ici que ponctuellement sur des blogs et quelques compilations. Une musique pop forte en caractère, resurgie presque par miracle, à coup de passion, de patience et de hasards.
«Il était bien vivant»
«Un jour, un ami m'a fait écouter Hajme Khali, une très belle ballade de Kourosh, raconte Egon Alapatt, un Américain fou de vinyles à l'origine de cette renaissance discographique. Je me suis vite mis à rechercher sur Internet tout ce qui le concernait, à acheter ses 45-tours sur eBay. Tout le monde me disait qu'il était mort, jusqu'à ce que j'apprenne par un exilé iranien que son fils vivait au Canada ! De là, j'ai découvert que Kourosh était bien vivant et habitait à Téhéran.» Commencent alors deux années de travail laborieux à distance, sans que les deux hommes ne se rencontrent jamais, pour rassembler les masters originaux des chansons - longtemps cachés en Iran - et les souvenirs du chanteur, que l'on découvre comme




