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Critique

Quand l’Afrique dansait en 78 tours

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Le collectionneur américain Jonathan Ward a réuni en coffret le meilleur de la musique du continent, traditionnelle comme moderne, de 1909 au milieu des années 60.

Image non datée, issue du foisonnant coffret «Opika Pende», qui rappelle ce que les sonorités occidentales doivent à certains chants tribaux ou rythmes locaux. (DR)
Publié le 03/01/2012 à 0h00

La dernière décennie aura largement aidé à la redécouverte des musiques populaires africaines des années 50 et 60, un temps enfouies sous les conflits et les régimes politiques foireux. On a ainsi replacé sur la mappemonde sonore les grands orchestres ivoiriens, la rumba congolaise ou les crooners éthiopiens. Mais il restait une faille dans cette opération menée depuis l’Occident avec un fond de paternalisme : ces disques oublient pour la plupart que le jazz, le rock, le psychédélisme - s’ils ont explosé, là comme ailleurs, pendant ces décennies exaltées - ont cohabité sur les platines avec des formes artistiques traditionnelles qui n’ont pas été délogées du jour au lendemain par quelques types bien sapés avec une guitare électrique.

C'est cette histoire bis que décrypte le riche coffret Opika Pende,publié en fin d'année par le label américain Dust-to-Digital, qui s'illustre régulièrement par la qualité et le recul de ses rééditions. Il s'agit cette fois de documenter, en cent titres et presque cinq heures de musique, «l'Afrique en 78 tours», de 1909 au milieu des années 60. Un travail titanesque, étant donné la nature disparate du puzzle africain et la difficulté à dénicher des disques en bon état.

La grande majorité des chansons ici réunies «n'ont jamais été rééditées en CD et rarement en vinyle», explique Jonathan Ward, tenancier du site Excavated Shellac et collectionneur de ces disques fragiles qui ont précédé l'ère du 33 tours en plastique. Elles ont po

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