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Critique

Un petit tour et puis Da Silva

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Pop. Le chanteur sortira lundi «la Distance», quatrième album à l’ambiance nonchalante.

Da Silva en 2011. (Richard Dumas)
Publié le 06/01/2012 à 0h00, mis à jour le 06/01/2012 à 15h07

A36 ans, Da Silva a l'impression d'être un vieillard. Peut-être parce qu'il a déjà pas mal bourlingué. Le Neversois fête tout juste ses 15 ans lorsqu'il forme le groupe Punishment Park - du punk industriel, labellisé, à l'époque, révélation du Printemps de Bourges. Le jeune Emmanuel, «pièce rapportée évoluant parmi les sales briscards», y massacre alors ses oreilles. Hyperbruitiste, Punishment Park cogne sans retenue. Un passage éclair chez les dissidents des Tambours du Bronx n'arrange rien : 17 percussionnistes frappent sur des bidons avec une vigueur incroyable.

Marginal. Mais rien n'arrête Da Silva, tant qu'il s'agit de musique. Il s'évade en tournée, loin d'un Nevers «trop étriqué» et, dans la foulée alerte, finit par lâcher ses différentes formations, fatigué d'œuvrer à ce que tout le monde soit d'accord. Très vite, il se sent alternatif et marginal, ne supporte aucune autorité et crée alors son propre nid.

Da Silva débarque à Rennes, dort dans sa voiture, frappe à la porte d'un certain Jean-Louis Brossard, fondateur des Trans Musicales. A la dernière minute, le voilà intégré dans la programmation officielle du festival : «J'ai tellement pris mon pied pendant ce concert que j'ai décidé de tout arrêter. J'étais à la fin d'un cycle et ne me voyais pas recommencer.» Eternelle contradiction qui le voit opter pour un boulot alimentaire, puis revenir à la musique. Une vieille gratte, un ordinateur, une carte son : un premier album, u

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