Chris Isaak, chemise western à carreaux, cheveux encore légèrement gominés, est presque une caricature. A 56 ans, ce chanteur-acteur-boxeur-surfeur rêve encore d'habits aux couleurs électriques, comme ceux que portaient ses idoles de toujours. Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Roy Orbison ou Johnny Cash n'ont jamais quitté son esprit. Il chante et rechante encore ces tables de la loi du rock'n'roll qui ont bercé les soirées d'antan avec son père. Même lorsqu'il parle à quelqu'un, c'est une guitare à la main, cette fameuse Gibson J-200 achetée d'occasion et sur laquelle son nom est inscrit en grosses lettres nacrées : «J'étais impressionné, tout gosse, quand je voyais ces musiciens qui passaient avec des étuis complètement usés. C'est incroyable : aujourd'hui, je suis cette personne-là !»
Depuis son manifeste Silvertone, en 1985, dont Libération fut le révélateur, sa voix de crooner à la Ricky Nelson ou Cliff Richard a toujours capté l'attention, allant jusqu'à flirter avec des intonations années Cure. Certes, personne n'aura plus jamais celles de Presley ou d'Orbison, mais lui sait les faire revivre. C'est l'intention de Beyond the Sun, de sortie en France. Cet hommage au mythique label Sun Records de Sam Phillips mûrissait dans la tête d'Isaak depuis des années. Sans doute depuis un séjour au Japon, où, à l'âge de 20 ans, il était allé étudier le cinéma mais aussi la boxe, son autre passion de jeunesse. Un jour, en chinant chez un disquaire,




