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grand angle

«Einstein» de retour à la plage

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Créé il y a trente-six ans à Avignon et invisible depuis vingt ans, «Einstein on the Beach», l’œuvre de Philip Glass et Bob Wilson, repart en tournée mondiale, le 16 mars à Montpellier. Décryptage avec les auteurs d’un coup de tonnerre dans le monde de l’opéra.

La version 2012 d'«Einstein on the Beach», lors des avant-premières américaines. (Photo Lucie Jansch)
Publié le 07/03/2012 à 0h00

C'était le 25 juillet 1976 au Festival d'Avignon. Au sortir des cinq heures d'Einstein on the Beach, la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre : Bob Wilson et Philip Glass venaient de signer le spectacle le plus novateur de ces cinquante dernières années. Six ans plus tôt, le metteur en scène américain avait défrayé la chronique avec le Regard du sourd, présenté au Festival de Nancy puis à la Gaité Lyrique à Paris : une pièce silencieuse durant sept heures, saluée par Aragon et Ionesco, et inspirée par les cauchemars de Raymond Andrews, un adolescent noir, devenu sourd et muet après avoir surpris sa nourrice en train d'égorger deux enfants dont elle avait la charge. Sur la scène, des actions parallèles se déployaient au ralenti donnant la double illusion qu'il se passait toujours quelque chose et rien à la fois : une femme enceinte dansait nue au milieu de chimpanzés, un coureur de fond croisait une dame portant une ombrelle en feu, une grenouille, une tortue géante, une pyramide qui s'envole… Bob Wilson forçait à entrer dans une nouvelle temporalité, celle du rêve et des libres associations - ce que traduisait l'imagerie surréaliste - mais aussi de tous ceux dits «aliénés» parce qu'ils perçoivent la réalité différemment.

Aucun lien entre les mots, les images et la musique

Qu'avait donc pu inventer Wilson après ce spectacle révolutionnaire, pour susciter à nouveau un tel engouement ? S'il avait toujours parlé de ses spectacles comme autant d'opéras, dont certains durant jusqu'à 168 heures (KA MO

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