Un bon coup de boule, un direct à l’estomac, et un taquet derrière le genou pour la bonne bouche. Voilà la sensation que donne depuis dix ans chaque album de Xiu Xiu, le projet de Jamie Stewart, qu’on prononce parfois «chouchou» mais qui n’a de trognon que le nom. Dix ans et neuf disques maladifs, fascinants comme un blessé abandonné sur une table d’opération.
La musique de Xiu Xiu est marquante parce qu'elle se donne les tripes grandes ouvertes dans une époque où choquer c'est faire un doigt d'honneur à la télévision. Seule l'œuvre distendue de Scott Walker, auquel le Californien Jamie Stewart avoue avoir «piqué beaucoup de choses», semble évoluer dans les mêmes sphères de dangerosité coupante. La référence est de haut vol, mais sans doute la seule valable.
Always, le nouvel album de Xiu Xiu, vient couronner cette décennie d'uppercuts sonores et s'impose comme le meilleur Jamie Stewart depuis The Air Force en 2006. Musicalement, Xiu Xiu continue de suivre la voie ouverte il y a deux ans par Dear God, I Hate Myself (oui oui, «Dieu que je me déteste», on avait prévenu que Jamie Stewart était une âme chahutée de l'intérieur), qui malaxait à outrance des sons de jeu vidéo au sein de rythmiques presque dancefloor négociées au synthé. C'était une franche révolution chez Xiu Xiu, parti d'un folk autiste au début des années 2000 pour atteindre sa plénitude instrumentale au milieu de la décennie, en composant une pop mélodique déconstruite, torturan




