Quand elle ne fabrique pas des chocolats de sorcière dans son antre viennois (lire recette ci-dessous), la belle et trouble Anja Plaschg joue du piano, du violon, chante (quasi exclusivement en anglais). Et, du haut de ses 22 ans, avec ses ballades écorchées, ses textes cramés et son nom de plume de Soap & Skin (savon et peau), l'Autrichienne en impose comme une pro à la redresse.
Difficile de ne pas être bluffé à l’écoute de ce répertoire tantôt tendu et glaçant, tantôt d’une mélancolie abyssale, dont on peine à se défaire tant l’intensité émotionnelle en est sensible. Une sorte de dramaturgie musicale rarement croisée depuis Nico, avec laquelle elle ne partage pas que la germanité.
Cousu main. En 2009, Anja Plaschg, qui a grandi dans la campagne autrichienne, fille de parents éleveurs de porcs, avait livré un premier album réfrigérant, Lovetune for Vacuum, saisissant de maîtrise musicale et d'autorité dans le chant. L'influence de ses auteurs tutélaires classiques - Schumann, Schubert, Rachmaninov, Chopin - était manifeste dans la composition et le jeu de piano, brouillé de légères sonorités electro bidouillées sur ordinateur. C'est en solo qu'elle avait défendu ses chansons sur scène, il y a trois ans, et avait emporté l'adhésion d'auditeurs épatés par la maturité de leur si jeune interlocutrice qui a étudié le piano de 7 à 16 ans, mais jamais pris de cours de chant. «A 14 ans, j'ai intégré une école d'art, puis l'université d'art à 16




