No Fun? No! En foot, on appelle ça un double contre-pied. Trois ans après son album Préliminaires, inspiré par La Possibilité d'une île de Houellebecq où il mettait à jour sa francophilie et son goût pour le romanesque, l'icône punk-rock Iggy Pop revient rôder sur le terrain hexagonal avec Après. Un album de dix morceaux – dont la moitié chantés en français – sur lequel l'Américain se fait crooner.
Autre singularité de l'entreprise: James Österberg – son nom d'état civil – a choisi de distribuer son dix-septième opus solo sur Internet. Un doigt d'honneur à l'industrie musicale qui, a-t-il expliqué jeudi soir dans le palace parisien Le Bristol, «[lui] a mené la vie dure». «Quand j'ai parlé de ce projet, les maisons de disques ont été effrayées. Elles ont estimé qu'elles n'allaient pas faire d'argent avec ce disque. Mais comme ce projet me tenait à coeur, j'ai décidé de le produire moi-même.»
Amour et spleen
Si la chose n'est guère connue, ce n'est pas la première fois que le sieur Pop quitte sa rage pour poser sa voix grave sur un mode crépusculaire. Avec Avenue B, son quatorzième album solo paru en 1999, l'Iguane avait surpris son auditoire en promenant ses tristes ballades sur un mode accoustique aux frontières du jazz et du blues (Miss Argentina). Avec Après, l'Américain ne retrouve pas les laissés-pour-compte et marginaux qu'il évoquait dans Avenue B, mais célèbre l'amour et le spleen. «C




