La tour 101 est prisonnière des brumes et comme dans les films de Tsai Ming-liang, il pleut sans discontinuer sur la capitale taïwanaise. A l'ouest, face au quartier de Ximending, un bâtiment abrite les bureaux et les salles de répétition du Taipei Chinese Orchestra, fondé en 1979 et entièrement financé par la municipalité. On pénètre à l'intérieur du grand studio où les musiciens jouant pipa, erhu, zonghu, gaohu et autres instruments traditionnels, ont pris place. L'excitation est palpable. Dans quelques jours, l'orchestre part en tournée mondiale et va se produire pour la première fois en Europe, si l'on veut bien oublier quelques dates naguère en Tchécoslovaquie. Au programme du concert qui sera donné le 19 juin au Châtelet, la Northwest Suite de Tan Dun, dont la BO de Tigres et Dragons remporta un oscar en 2000, des œuvres de Chih-Chun Lee, Yi-Chien Chou et enfin le Concerto pour percussions et orchestre chinois composé par Yiu-Kwong Chung pour Evelyn Glennie.
A bientôt 47 ans, la musicienne écossaise, anoblie par la reine d’Angleterre, cumule les records. Elle a reçu pas moins de 86 récompenses internationales, possède 1800 percussions, et a commandé et créé 170 œuvres, élargissant considérablement le répertoire de son instrument, à l’instar de ce que fit un Rostropovitch pour le violoncelle. On l’a vue accompagner Sting, Stevie Wonder ou Elton John sur scène, collaborer avec le guitariste Fred Frith, le chanteur de jazz Bobby Mc Ferrin, les ta




