Les duettistes de Beach House ont un feeling propre à mater les équations mathématiques. Les nouveaux apôtres américains (supposés) de la dream pop auraient pu se perdre dans la quadrature du cercle revival-édredon d'un son années 80. Raté. Alex Scally et Victoria Legrand jouent les boutefeux. Et parviennent à combiner une fausse candeur mélodique et un vrai frisson mélancolique. Bloom, leur quatrième album, tient du plus abouti : les lovers éthérés de Baltimore reprennent la main. Comme si le groupe avait jeté aux orties les halos de hype qui l'ont parfois étouffé. Car il n'y a rien de sirupeux dans le son de Beach House, ni de confortable. Juste une évidence harmonique qui désarme, embaume ou embrume. Du tragigue, de l'organique, et, pourquoi pas, de l'orgasmique. Quand d'autres frayent dans le scolaire, Beach House ose le solaire. «Interview duo» avant leur premier concert en France, ce soir, à Paris.
Deux clés pour vivre "Bloom" ?
Alex Scally : On l'a fait, pensé, séquencé et orchestré comme un seul morceau, plutôt qu'une collection de singles.
Victoria Legrand : On voulait un album déconnecté des trois précédents. Evolution, révolution. Un album est toujours une rupture. Ecrire, composer, se renouveler se fait toujours petit à petit. On assemble, on rassemble. Un processus unique, spécial. On a traversé l'une des expériences les plus intenses, chronophages et titanesques de nos vies. Nos albums antérieurs me semblent jivarisés comparés à ce qu'on a do




