Pour sa troisième soirée, le festival lâche un peu de lest en ne programmant que trois artistes dans sa soirée (au lieu de cinq le premier jour). Total Warr a donc le plaisir de découvrir un public aussi nombreux qu'attentif quand ils montent sur scène aux alentours de 23 heures. Le duo parisien commence assez fort, en diffusant en introduction le début d'une chanson bien connue de Johnny Clegg. On échange des regards inquiets (serait-ce le début d'un revival world music ringard sournoisement ourdi par Chéri FM pour rajeunir son audience ?), et cette phrase, entendue parmi les spectateurs, résume bien l'inquiétude générale: « Mettre Johnny Clegg au début d'un concert, prévenait que la sauce allait être dégueulasse ».
Laissons ces réflexions philosopho-culinaires, car Total Warr a le bon goût de couper la chanson et de rentrer dans le cœur du sujet, c'est-à-dire de la pop aux réminiscences africaines, et qui tient la route. Le duo a aussi à cœur de perturber son auditeur, puisqu'il enchaine sur une reprise de Where Is My Mind des Pixies, et balance de temps en temps des samples rap. On n'est pas sûr de savoir où les Total Warr veulent en venir, mais ils font bien leur boulot de réveiller un public que l'attente commençait à plonger dans une léthargie bien naturelle après deux nuits blanches.
Leur succèdent les Danois de Whomadewho - précédés par leur réputation de joyeux drilles capables d’enflammer n’importe quelle audience. Ils débarquent habillés comme des




