Rencontre. En fermant la porte de la loge, l'attachée de presse déclenche le timer de son téléphone. Nous voilà prévenus: on dispose de vingt minutes, pas plus, pour interviewer Alecia Moore. À l'inverse des gens qui s'affairent autour d'elle, Pink a l'air détendue : elle dédaigne le canapé pour la moquette, mange distraitement des M&M's installée par terre. On doit son passage éclair à Paris à la sortie de The Truth About Love, sixième album studio qui reste fidèle à la formule habituelle: beats pop, guitares rock et voix gouailleuse sur fond d'esprit rebelle.
Depuis Missundaztood (2001), l'Américaine tient son cap sans trop évoluer. Elle se méfie «du mariage des genres actuel», n'est pas adepte de la «techno qui s'infiltre partout». Cela ne l'empêche pas d'avoir de la sympathie pour les pop stars flirtant avec ces démons. Elle trouve Rihanna «rock'n'roll», Lady Gaga «ambitieuse et bosseuse», Katy Perry «sympathique et dotée d'une voix exceptionnelle.»
La philosophie de Pink est somme toute assez simple. Sa musique est un prolongement de son corps et obéit pareillement à ses pulsions. Sur son dernier single «Blow Me (One Last Kiss)», elle règle ses comptes avec les hommes. «Pourtant je ne suis plus énervée tout le temps, je suis mariée, mère et j'adore ça. Mais j'ai une dose de «fuck you» toujours prête à servir dans la poche de mon jean». On s'étonne qu'esprit vindicati




