Ils débarquent de nulle part avec, comme passeport, une pop éternelle, aux influences plurielles mais à l'atmosphère new wave 80. Ils viennent de Rostov-sur-le-Don (958 kilomètres au sud de Moscou), «une ville sale, colérique, mais belle et romantique», avec un album - Calendar - à l'esthétique pop post-punk d'une fraîcheur dépoussiérante. Motorama (1), c'est mieux qu'un diaporama musical sous forme de best of de l'indé anglo-saxon en pleine Manchestermania : un étrange alliage entre nostalgie et urgence, nouvelle trouvaille du label Talitres (lire page ci-contre).
Des guitares cristallines et une voix grave. Un phrasé retenu proche de celui de Matt Berninger, l'âme de The National, de Brooklyn. Des intonations hantées à la Ian Curtis de Joy Division. «Pour un petit groupe venu de nulle part, évidemment, c'est trop», dit Vladislav Parshin, 26 ans, le cœur du quintet slave. Il y a quand même un univers plus fruité que celui de la cold wave, presque acidulé, né d'une ferveur pour la pop suédoise référencée Love is All, The Knife, ou Peter Bjorn and John. L'atmosphère de gloom existentialiste se double de mélodies colorées et insouciantes, «comme un bain dans un sirop de pastèque», ose le leader.
passerelle. Enfant, le père de Vladislav Parshin le biberonne à Kraftwerk, Leonard Cohen, Pink Floyd ou The Cure… «et plein de bandes de rock indé européennes ou russes». Dans les années 2000, il découvre sur




