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Reportage

Talitres, l’école de la découverte

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Créé par Sean Bouchard, le label bordelais enchaîne les trouvailles indé.

Le logo du label Talitres. (DR. )
ParChristian Losson
De notre envoyé spécial à Bordeaux
Publié le 24/10/2012 à 21h46

«Voilà Talitres», invite la voix grave et posée de Sean Bouchard. Soit : un bureau, une chaise, des CD éparpillés, deux micro-enceintes poussives, des coupures de presse sur les murs. Spartiate. Quand il créé le label à la puce de mer en 2000, le directeur artistique de ce petit poucet, fragile mais indocile, aimante un désir : «Défendre la musique que j'aime.» Douze ans et 70 références dans son catalogue plus tard, ce militant d'un son pop-rock, indé-écorché, cultive son obsession. «Disque après disque, brique après brique», Sean Bouchard, 41 ans, tente de bâtir «un patrimoine sonore, une identité avec ses visages, ses cicatrices, ses erreurs, ses mines d'or que l'on protège.» Et sortir 5 à 9 albums chaque année. «Difficile de faire plus. Sinon, on ne travaille pas les groupes.»

Lunaire. Talitres bricole de l'orfèvrerie indé sur fond d'industrie musicale en dépression. «Je suis subjectif, égocentrique, un rien dictatorial»,concède Sean qui peut se passer en boucle «vingt fois par jour pendant deux semaines» un album avant de le sortir. L'ex-ingénieur agronome, passé par la culture de la framboise au Vietnam et des fraises au Maroc, voyage en quête d'autres produits exportables. Il a ainsi dégoté Ewert & the Two Dragons lors d'un festival en Finlande ; Motorama dans une galerie d'art en Estonie (lire ci-contre). Jiess Nicolet, programmateur du Point éphémère à Paris : «Il y a un son

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