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Libération
Critique

Douceurs de «vivre»

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L’album de Jeremy Stigter, qui s’est installé à l’unité de cancérologie de Cochin, à Paris.

Saria Chémali. (Jeremy Stigter)
Publié le 04/01/2013 à 19h07, mis à jour le 07/01/2013 à 11h30

Jeremy Stigter laisse ses phrases en suspens. Peut-être une forme de politesse, ne pas en faire trop, ce n'est pas si facile d'être photographe, alors, en plus à l'hôpital, pas question de jouer les gros bras… L'hôpital, c'est Cochin, à Paris, et particulièrement le service de François Goldwasser, cancérologue. De leur rencontre est né ce livre, Vivre, en hommage au film du Japonais Akira Kurosawa, qui date de 1952 et «raconte les derniers mois d'un fonctionnaire d'une soixantaine d'années, nommé Watanabe. Atteint d'un cancer, il cherche à donner un dernier sens à sa vie».

Avec le professeur Goldwasser, ils avaient envie de montrer le cancer autrement. «Changer le regard sur la maladie», ont-ils écrit sur une affiche.

A Cochin, dans le bureau d'un infirmier, Jeremy Stigter a installé trois fois rien, un tabouret vintage, un fond de lin gris, un autre de laine noire. Il voulait quelque chose qui ressemble à «une sorte de Photomaton. Un dispositif simple pour photographier les patients, leurs accompagnants, le personnel médical et administratif». A la prise de vues, la conversation est enregistrée. Ainsi, chacun a sa propre légende. Au moins ça.

Les portraits sont très doux, et ne font pas peur, même quand les perfusions apparaissent dans le champ. Ou que les cheveux sont à ras les pâquerettes à cause de la chimio. Certains posent en majesté ; ainsi François, mains croisées et cravate à pois, grande classe. Ou l'élégante Corinne, philosophe née

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