A l’heure où la barrière mentale du périphérique parisien s’efface lentement, la salle de Mains d’Œuvres, installée depuis 2001 à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, fait plus que jamais figure de pivot du nord parisien. Et son festival Mo’Fo, inauguré il y a dix ans sur les fondations du festival Antifolk, créé avec le groupe Herman Düne, reste une bonne occasion de venir profiter d’un espace qui ne pourrait pas exister aujourd’hui entre les murs de la capitale.
«Cabane». Cette onzième édition du Mo'Fo, toujours sans tête d'affiche, se déploiera jusqu'à dimanche en trois temps et géographies musicales : l'axe Arizona-France entretenu par Thomas Belhom et Lonesome French Cowboy ; le garage sali de James Pants et Reverend Beat-Man ; puis un atterrissage germanique featuring Stereo Total et Anika, cette dernière n'en finissant pas de se prendre pour la défunte Nico.
Au milieu, on ira dès ce soir entendre l'Américain folk Ramona Córdova, perdu dans une faille temporelle depuis la sortie de son unique album en 2006, The Boy Who Floated Freely, qui a depuis lentement distillé son bizarre charme bucolique et inquiet. «Je n'aime pas être sous les projecteurs, ce n'est pas ce qui m'intéresse dans la musique, nous a-t-il avoué cette semaine dans un café parisien, voix douce et paroles de faux calme. En vérité, j'ai fait beaucoup de choses pendant ces années.»
A commencer par quitter quelque temps la société des hommes. «J'ai beaucou




