On l’a beaucoup écrit ces derniers mois dans nos pages : la nostalgie a fait patiner une partie de la musique de la décennie, étourdie par l’accès illimité au passé comme au présent introduit par Internet. Dans cette ambiance amollie, le cas Alasdair Roberts peut ainsi paraître plus que suspect de prime abord.
Imaginez donc : cet Ecossais de 35 ans arpente depuis sept albums - davantage, si l'on compte ses disques sortis sous le pseudonyme Appendix Out, à la fin des années 90 - le folk écossais de la fin du XIXe siècle et du début du XXe… Autant de chansons de tourbe qui racontent un pays d'éleveurs et de pêcheurs. Mais chez Alasdair Roberts, de façon encore une fois éclatante sur son nouveau disque récent, A Wonder Working Stone, la nostalgie est bannie, au profit d'une posture d'historien questionneur avant tout conscient de la portée politique de ces airs simples.
«Certains peuvent aimer la musique traditionnelle par regret d’un passé couleur sépia qui en réalité n’a jamais existé, revendiquait récemment le chanteur depuis Glasgow. Ce qui revient à penser que ces temps anciens étaient meilleurs et que chanter et jouer leurs chansons serait un refuge face aux réalités de notre présent. C’est le cas en Ecosse, où des aspects de nos "traditions" semblent être célébrées dans ce but. Mais je tiens à dire que mes explorations de formes anciennes de la musique n’ont rien à voir avec cela. Ce qui m’intéresse, ce sont les chansons même : le texte,




